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Lettre ouverte au Premier Ministre Jean Castex

par sdupont
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25eme Journée Nationale pour la prévention du suicide - Lettre ouverte au premier ministre PHARE Enfants Parents

A l’occasion de la 25e Journée Nationale de Prévention du Suicide du 5 février 2021, PHARE Enfants Parents a adressé une lettre ouverte au Premier Ministre

L’objectif de PHARE Enfants Parents est d’attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité de mettre en oeuvre une politique de prévention du suicide plus efficace et plus en amont que celle prévue dans le Plan Santé Mentale.

Depuis peu, les politiques évoquent la souffrance psychologique des jeunes, notamment des étudiants.
Celle-ci est exacerbée par les conditions de vie dues à la crise sanitaire, et il est légitime de mettre le focus sur cette triste réalité.
Néanmoins, une grande partie de la population jeune vit cette situation depuis quelques décennies.
Si le nombre de suicides chez les jeunes a particulièrement baissé , les chiffres sur leur état de santé mentale sont alarmants. Le mal-être s’amplifie et s’exprime de différentes façons : violences, fugues, scarifications, troubles mentaux, addictions, tentatives de suicide.

Pour PHARE Enfants-Parents il est urgent d’apporter d’autres réponses que psychiatriques aux jeunes. Il est urgent de leur insuffler des raisons d’espérer. Il est urgent de leur donner l’envie d’aimer la vie.

Dans cette lettre ouverte, PHARE Enfants Parents, réclame des mesures efficaces et concrètes. Nous vous invitons à lire le texte de la lettre ouverte pour les découvrir.


LETTRE OUVERTE à Monsieur le Premier Ministre à l’occasion de la 25e Journée Nationale de Prévention du Suicide – 5 février 2021

Jeanne 12 ans, Tim 12 ans, Romain 13 ans, Thibaut 15 ans, Clémence 17 ans, Hadrien 17 ans, Marko 18 ans, Rafael 18 ans, Renaud 21 ans, Maxime 22 ans, Amandine 27 ans …
Ces jeunes se sont récemment donné la mort.

Ils font partie de la terrible statistique des 10 000 suicides annuels en France.

Le coût humain, social, moral et économique du suicide est immense et sans doute jamais mesuré dans toutes ses dimensions. Tout porte à croire que la situation s’aggrave avec les effets de la crise sanitaire, tout particulièrement pour les jeunes, dont le mal-être est patent et désormais reconnu dans les discours politiques. Il ne fait cependant pas l’objet de mesures globales et concrètes de prévention, même si le « chèque-psy » est un début de réponse. C’est un énorme gâchis humain, pourtant évitable comme l’affirme l’OMS. Ces vies brisées privent la société d’une source de richesses essentielles à son devenir.

Nous en avons la conviction. C’est le but de l’association PHARE Enfants-Parents, qui œuvre depuis 30 ans sur le terrain de la prévention du mal-être et du suicide des jeunes et qui, au quotidien, répond aux demandes des parents de jeunes en souffrance pour éviter les passages à l’acte fatal. Notre action, si elle est d’une grande utilité, est extrêmement limitée compte tenu du manque de moyens financiers. La prévention du suicide relève d’une volonté politique résolument active afin d’infléchir cette triste réalité et non pas seulement en période de crise sanitaire.

Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons de mettre en œuvre des mesures efficaces et concrètes :

  • Engagez un vaste programme de prévention du suicide en faisant jouer les synergies des différents départements ministériels concernés : Santé, Education Nationale, Aide Sociale, Police, Justice, avec les associations spécialisées
  • Donnez aux territoires les moyens d’assurer localement les dispositifs de prévention, notamment des centres de prise en charge pluridisciplinaire alliant soins, éducation, accompagnement social et protection judiciaire
  • Faites développer la formation des médecins généralistes, professionnels de santé et de tous les acteurs médico-sociaux et associatifs au repérage de la crise suicidaire
  • Luttez contre toutes les formes d’incitation à l’autodestruction, en particulier sur internet et les réseaux sociaux et contre les facteurs de mal-être comme le harcèlement, l’abus sexuel
  • Favorisez l’épanouissement des enfants, dès la petite enfance, par une école respectueuse des plus vulnérables
  • Encouragez les institutions intermédiaires entre les familles et la société.

PHARE Enfants-Parents, et toutes les associations qui œuvrent au quotidien, attendent de votre part des engagements, des actes et des moyens. Au moment où la vie et la santé des citoyens sont une priorité pour votre Gouvernement dans la lutte contre le coronavirus, vous ne pouvez pas négliger ce combat pour la vie.

Ainsi, Jeanne, Tim, Romain, Thibault, Clémence, Hadrien, Marko, Rafael, Renaud, Maxime, Amandine, ne seront pas morts pour rien.

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