Dépister

par sdupont

Les points importants à l'attention des parents et de l'entourage

Pour être en mesure de combattre le fléau du suicide des jeunes il est indispensable de connaître les facteurs de risques, d’être en mesure d’identifier  les signes d’alerte et de savoir comment agir et vers qui se tourner en cas de doute.

L'élément le plus important à retenir :

Si on a une inquiétude, il ne faut surtout pas la garder pour soi, mais se tourner vers d'autres pour en parler.

1 -Point important pour PHARE ENFANTS-PARENTS

Ne pas minimiser

Il n’y a pas de tentative de suicide bénigne ni de « fausse » tentative de suicide.

Pour combattre son ennemi, il faut le connaître !

Les parents sont acteurs de la prévention du mal-être et du suicide des jeunes. Ce n’est pas un domaine réservé à des « spécialistes ».

Les signes et symptômes de mal-être se révèlent souvent en premier lieu aux proches qui les côtoient au quotidien (à la famille et/ou aux enseignants et autres amis). Pour autant, les signes précurseurs d’un geste suicidaire ne sont pas d’une lecture facile pour l’entourage et en particulier pour les parents.
L’idée même que leur enfant puisse attenter à ses jours est totalement inconcevable. Inconsciemment, ils occultent les signes d’alerte qu’ils interprètent comme les manifestations d’une banale crise d’adolescence.

Sans céder à la psychose du geste suicidaire, il convient, pour vous parents, de posséder un minimum de connaissances sur la problématique du suicide, les facteurs de risques, et les signes d’alerte .

Vous serez mieux armés pour intervenir en cas de besoin.

 

2 -Point important pour PHARE ENFANTS-PARENTS

être attentif

L’intention suicidaire apparaît rarement subitement. Dans la majorité des cas, les personnes suicidaires envoient à leur entourage des messages ou des indices manifestant leur détresse et leur intention.

Certains troubles peuvent aussi rester ignorés des parents parce que volontairement dissimulés. C’est pour cette raison qu’il est important de savoir reconnaître les signes d’alerte .

Il est aussi possible de dialoguer avec le jeune lui-même, en l’interrogeant sur son état et lui exprimant votre inquiétude : « Je vois bien que tu vas mal, qu’est-ce qui ne va pas en ce moment ? Comment puis-je t’aider ?»,
Gardez à l’esprit de lui parler sur un ton bienveillant, d’être en disposition d’écoute et d’établir un climat de confiance, fait d’empathie, de chaleur humaine et d’authenticité, sans jugement. 

Il peut être aussi  utile de se renseigner en questionnant l’entourage d’un jeune : professeur principal, amis, famille proche,… 

Alors, que faire :

3-Point important pour PHARE ENFANTS-PARENTS

EN CAS DE DOUTE, SE RENSEIGNER ET SE FAIRE AIDER

Si certains signes vous inquiètent, nous vous recommandons d’en parler et de rechercher de l’aide :

Peut-être tout simplement dans votre entourage :

  • un membre de votre famille,
  • un ami,
  • un représentant de votre religion.

Auprès de personnes ou de lieux qualifiés pour vous écouter, vous comprendre et vous aider à surmonter vos problèmes :

  • une infirmière,
  • une assistante sociale,
  • un éducateur,
  • un médecin,
  • dans un centre médico-psychologique,
  • dans une association d’aide et d’écoute comme PHARE Enfants-Parents

LES FACTEURS DE RISQUES

 Les pathologies :
Les troubles psychiatriques graves comme la schizophrénie, la bipolarité (maniaco-dépression), la dépression majeure,  sont susceptibles de générer une souffrance telle qu’elle peut susciter des passages à l’acte suicidaire.  Les troubles du comportement et les états limites comme la personnalité borderline sont également à intégrer dans ces facteurs de risque.

Les maladies non psychiatriques peuvent également conduire au suicide. C’est le cas lorsque la
douleur et la souffrance physiques deviennent insupportables (cancer en phase terminale par exemple), lorsque la dégradation physique est trop grande et dans les poly-pathologies de la vieillesse où vivre devient insurmontable. Le nombre de suicides chez les personnes âgées est aussi très important, principalement lorsque la solitude ou l’abandon s’ajoute à leurs problèmes.

 

Les addictions (drogues, alcool, jeux vidéo, …) :
       Voir fiches addictions.

Les chocs émotionnels ou les blessures de la vie :
Tout passage à l’acte suicidaire suppose la traversée d’une crise plus ou moins visible, plus ou moins longue. A l’origine d’un processus suicidaire, on observe des étapes reliées entre-elles :

  • un événement ou une série d’évènements de vie stressants, perçus ou vécus comme une menace, créant un état de vulnérabilité,
  • les mécanismes naturels de défense ne fonctionnent plus et placent la personne dans l’incapacité de faire face à la situation,
  • un événement déclencheur achève de le précipiter dans la crise,
  • les grandes ruptures : chagrins d’amour, séparations, divorces, abandons, deuils successifs ou mal vécus,
  • maltraitance : humiliations, insultes, punitions systématiques, coups, négligence, manque d’amour,
  • enfant adopté, sans connaissance de ses origines,
  • violences subies : attouchements et agressions sexuelles, violences verbales ou physiques,
  • harcèlement moral et physique, racket,
  • suicide d’un proche.

Les points communs entre ces facteurs de risque du suicide sont : l'hypersensibilité, la vulnérabilité, l'absence de résilience ou de réactivité.

LES SIGNES D'ALERTES

C'est le cumul des signes qui permet de suspecter un mal-être profond et donc un risque suicidaire.

Manifestations comportementales :

  • Fugue
  • Scarifications et autres blessures auto-infligées (brûlures cutanées, abrasions, coups…)
  • Autres conduites de rupture :
    • isolement inquiétant, sans raison apparente,
    • « clashs » relationnels violents et à répétition,
    • refus de voir ses amis,
    • dons soudains d’objets auxquels le sujet tient,
    • recherche de la fuite dans les jeux vidéo, les toxiques (alcool, drogues),
    • absorption de médicaments en excès pour « se calmer »,
    • changement brusque du comportement avec colères violentes inexpliquées
  • Troubles graves des conduites alimentaires (anorexie-boulimie),
  • Dépendances (alcool-drogues-cyber jeux),
  • Violences contre les autres,
  • Conduites à risques,
  • Menaces suicidaires.

Manifestations physiques et psychiques :

  • Nervosité, irritabilité, susceptibilité, vulnérabilité,
    Spasmophilie,
  • Crise d’angoisse et d’anxiété,
  • Phobie scolaire,
  • Timidité excessive,
  • Manque de confiance en soi,
  • Repli sur soi, tristesse, isolement,
  • Problèmes d’identification (sexualité ou autre),
  • Troubles du sommeil, de l’appétit,
  • Etat dépressif,
  • Plaintes somatiques (maux de tête, douleurs diverses),
  • Propos ou écrits faisant allusion au suicide.

Lorsque ces signes  se répètent et s'accentuent, ils doivent être pris au sérieux à l'école, dans la famille et dans l'entourage.

QUE FAIRE  EN CAS DE SIGNES Repérés?

évitez

  • Toute leçon de morale ou recette de bonheur,
  • Toute parole susceptible d’exacerber sa sensibilité, sa souffrance, aggravant sa mésestime et sa culpabilité,
  • D’humilier, de ridiculiser,
  • L’optimisme forcé « Ne t’inquiète pas, tout va s’arranger, …»,
  • Les promesses ne pouvant être tenues,
  • Faire tout à sa place sous prétexte de l’aider, ce qui aurait pour effet d’augmenter son sentiment d’incapacité et de nullité,
  • Minimiser la gravité de la situation,
  • L’accuser de faire du chantage,
  • Penser qu’il s’agit là d’un état passager qui cessera de lui-même,
  • Vouloir régler seul le problème, sans consulter un médecin.

Préférez

  • Prendre au sérieux, sans dramatiser, le geste suicidaire quel que soit le moyen utilisé,
  • La prise en charge médicale et hospitalière qui doit durer plusieurs jours et comprendre des entretiens avec un psychiatre, quel que soit le degré de dangerosité et le moyen utilisé,
  • Attendre le moment propice pour lui parler afin de savoir ce qui a motivé son geste et essayer d’en comprendre les raisons profondes,
  • L’interroger sur son état et lui exprimer votre inquiétude : « Je vois bien que tu vas mal, qu’est-ce qui ne va pas en ce moment ? Comment puis-je t’aider ?»,
  • Lui parler sur un ton bienveillant, être en disposition d’écoute et établir un climat de confiance, fait d’empathie, de chaleur humaine et d’authenticité,
  • Poser des questions qui vous permettent d’évaluer le degré de difficulté dans lequel il se trouve, sans porter de jugement, de critique négative, l’interroger par exemple sur la qualité de son sommeil, son appétit et sur ses difficultés,
  • Ne pas hésiter à lui demander s’il pense, ou s’il a déjà pensé au suicide*, et, s’il l’affirme, depuis quand ?
    * Ce n’est pas d’en parler qui provoque l’idéation suicidaire. C’est au contraire l’occasion pour celui qui souffre de pouvoir se libérer de cette idée et d’avoir l’impression que l’on comprend sa souffrance.
  • Si nécessaire, surtout si une question scolaire est au cœur du problème, solliciter un entretien avec le professeur principal afin de connaître le comportement de votre enfant avant sa tentative de suicide, demander une attention particulière de la part des professeurs, des enseignants et de l’infirmière scolaire.

QUE FAIRE  ENcas de tentative de suicide?

évitez

Une conjonction d’événements et de circonstances peut amener un individu à attenter à ses jours. Tout acte suicidaire est multifactoriel et c’est un élément déclencheur qui provoque le passage à l’acte.

  • Tenir secret ce geste comme s’il était honteux,
  • Faire des réflexions ou des reproches du style (« Tu as tout pour être heureux », « C’est du chantage »,  « Avec tout ce que j’ai fait pour toi ! », «  Pourquoi as-tu fait ça ? »),
  • Nier l’intention suicidaire, sur l’air de « Ceux qui veulent vraiment se suicider s’en donnent les moyens ! »

Préférez

En cas de tentative de suicide :
Appeler immédiatement le SAMU en composant le 15 ou les pompiers en composant le 18.

En cas de d’hospitalisation :

  • Demander un entretien avec le psychiatre du service hospitalier s’il ne vous est pas proposé,
  • Accepter une thérapie familiale si elle vous est proposée dans le cadre du suivi de votre enfant,
  • Être présent au moment de sa sortie d’hôpital et à son retour, ne pas le laisser seul et, ce, pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines,
  • Réaffirmer à votre enfant votre amour et votre désir de l’aider,
  • Sans le harceler, maintenir le dialogue, la relation,
  • Rester toujours vigilant sur les signes du mal-être, surtout quand l’adolescent n’a pas trouvé les réponses à ses attentes, ses aspirations ou bien n’a pas reçu le soutien psychiatrique qui lui convenait.

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